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Au XIIIe siècle, les récits de Marco Polo révèlent à l’Europe l’existence d’une matière inconnue, blanche, sonore et translucide : la porcelaine chinoise. Pendant plusieurs siècles, cette matière reste un mystère technique total, faute de connaître le kaolin, l’ingrédient que les Chinois gardent jalousement secret. La première tentative aboutie de porcelaine tendre, une recette de substitution sans kaolin, voit le jour à Florence à la fin du XVIe siècle, avant de s’éteindre presque aussitôt.
De cette quête naît, en France, une extraordinaire diversité de manufactures. Saint-Cloud invente un langage décoratif fondé sur les seules couleurs de grand feu, Chantilly imite la porcelaine japonaise grâce à un émail emprunté à la faïence, Mennecy développe des statuettes en biscuit sous la seule protection d’un duc. Vincennes, puis Sèvres, portées par un privilège royal exclusif, font de la couleur et du modelé leur signature, rivalisant avec Meissen sans jamais percer, pour l’heure, le secret de la porcelaine dure.
Pendant ce temps, l’Angleterre invente sa propre réponse, loin des cours princières : la bone china, une pâte à base de cendre d’os enrichie de kaolin dès 1755. Il faudra attendre 1768, et la découverte d’un kaolin français, pour que l’Europe continentale rejoigne enfin Meissen sur le terrain de la porcelaine dure, une aventure que nous découvrirons dans un prochain module.
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